Chapitre 2
Le départ
En revenant à la maison ce soir là, je découvris deux énormes valises sur le pas de la porte. Il avait changé d'idée, il m'emmenait avec lui. La colère monta en moi, je ne pouvais pas croire qu'il m'ait fait cette fausse joie ce matin. Après tout, il était d'accord pour que je reste, j'étais assez grande et assez mature, pour mon âge, de rester tout seule durant une semaine. Une semaine, ce n'est pas la fin du monde. Rouge de rage je l'appelai
-Oncle Keith?
-Aria, tu es rentré? Je ne t'ai pas entendu... euh... tu va bien ma chérie?
-Non, qu'est-ce que ca veut dire? Je lui pointais les valises du doigt. Tu m'avais dit que je pouvais restée toute seule cette semaine, et maintenant tu prépare deux valises.
-Oh, non tu te trompe, ne te fâche pas ainsi « Ria » ce n'est que mon matériel de photographie animé, ce n'est pas une valise pour toi.
Un rose discret teinta mes joues, même mon sang était gêné de se montrer. De toute manière le rouge flamboyant de la colère ne m'allait pas vraiment bien.
-Oh! Pardonne-moi. Je croyais seulement...
-Je sais, ne t'en fais pas. Je te fais confiance à présent, je vois bien que tu grandis, voilà maintenant un an que je t'ai prise avec moi, depuis la tragédie... enfin tu vois ce que je veux dire. Bref, je me rends compte que tu es devenue forte et mature et je te dois bien un peu de liberté.
-Merci de ta confiance oncle Keith, ne t'en fait pas pour moi, je ne te décevrai pas.
-Assez rapide comme au revoir, mais le transe-ville ne m'attendra pas longtemps. Je dois aller m'inscrire pour le prochain départ.
-Oui je comprends. Je t'aime tu sais, tu es tout ce qui me reste alors... enfin...prend soin de toi.
Je me sentais devenir encore plus rouge à présent, je prenais conscience qu'il était ma seule attache familiale et que se serai douloureux, plus que je ne l'imaginais, de le perdre. Il me prit dans ses bras et me serra fort.
-J'ai fait le plein d'eau de ton compenseur, le cuiseur est programmé pour les repas, tu n'auras qu'à...
-Oui je sais, qu'à appuyer sur « cuire »
Il me sourit, m'embrassa sur le front et sorti chargés de ses deux énormes valises. Je lui envoyai encore la main quand il s'engagea dans le sentier qui menait à la route principale. Je me suis retourné et pris conscience du vide qu'était la maison à présent. Je haussai les épaules et dit à voix haute :
-Album 1, 4, 6 en boucle.
Le lecteur acquiesça à ma demande et se mis en route. Les premières notes de musique me parvenaient doucement quand le téléphone se mit à sonner.
-Allo?
-Aria? C'est Genny, tu va bien?
-Oui, pourquoi je n'irais pas? Je suis libre, me mis-je à rigoler.
-Il est parti, déjà ? Que veux-tu que nous fassions ce soir?
-Rien du tout, j'ai une tonne de travail à faire et j'aimerais bien lire un peu.
Je n'étais pas pour lui dire que je ne voulais pas la voir. J'avais simplement envie de déguster ma première soirée seule à la maison.
-Bon d'accord dans ce cas. Akian et moi allons faire une viré à Port Angeles. Si ca te dit de venir nous rejoindre, tu n'aura qu'à me téléphoner.
-D'accord, mais ne m'attendez pas. Amusez-vous bien.
Cette Genny, amoureuse folle de cet Akian. Un beau et séduisant jeune homme de la Réserve Quileute. Elle l'avait rencontré peu de temps avant mon arrivé et ils étaient inséparables. Toujours ensemble et ironiquement, elle pouvait lui demander n'importe quoi, et il le faisait.
Plus de 3 heures avaient passées depuis le départ d'oncle Keith, il ne m'avait toujours pas téléphoné pour me dire qu'il était bel et bien arrivé à destination. Cela m'inquiétait un peu mais je décidai de me calmer et mis la musique un peu plus forte et je me replongeai dans mon livre.
La musique cessa brusquement pour laisser place à un joli tintement de carillons et de violon. La cloche d'entrée. Genny sûrement qui venait s'assurer que tout allait bien.
-Genny ce n'était pas la peine de venir tout va... Je fus surprise de voir ce jeune homme au pied de ma porte. Désolé je croyais que c'était une amie. Bonjour, puis-je vous aider?
-Oui, enfin... je suis perdu et je ne connais pas bien l'endroit puis-je me servir de votre téléphone?
-Euh... bien entendu. Entrez je vous en prie.
Je lui désignais l'appareil posé près du canapé dans le grand salon. Il le prit et composa un numéro. En l'attendant debout près de l'escalier je me suis mise à le regarder. Il ne devait pas être plus vieux que moi, peut-être un an ou deux. Mais comme il était beau et magnifique. Il avait les cheveux d'un brun roux lustré une silhouette à faire rêvée, des épaules larges qui semblait être robuste. Il était dos à moi et je m'aperçu en train de le relooker de la tête aux pieds, il avait même de jolies fesses.
-Oh quel honte Aria, tu ne devrais pas faire ca, et s'il se retourne et qu'il s'aperçoit que tu lui regarde son derrière, je doute qu'il apprécie. Pensais-je.
Je n'avais pas fait attention à la conversation qu'il avait avec son interlocuteur, mais ma curiosité fut piqué lorsqu'il s'exaspéra et leva d'un cran le ton de sa voix qui était une vraie mélodie, un enchantement à mes oreilles. Il raccrocha et se retourna vers moi. C'est à ce moment que je fus saisi à la plus belle des apparitions de toute ma vie. Il était d'une beauté inexplicable. Son teint blanchâtre et ses yeux... ses yeux d'une couleur impossible. On aurait dit de la lave en fusion, un brun or, presque liquide. Il m'envoûtait.
-Pardonnez-moi ce que je vais vous demander, je sais pertinemment que cela est impoli, mais l'hôtel dans lequel j'avais réservé une chambre l'a cédé à quelqu'un d'autre lorsqu'ils se sont aperçu que je n'arrivais pas. Puis-je resté stationné dans votre cours, je dormirai dans ma voiture cette nuit.
-Euh... bien sûr, mais... pourquoi vous ne resté pas à l'intérieur, c'est froid la nuit ici et j'ai suffisamment de chambre dans cette grande maison, cela ne me dérange pas.
-Vous en êtes certaine? Je suis un étranger et je comprendrais que je puisse vous faire peur.
-Oh! Non vous ne me dérangez pas. Mais d'abord une chose!
-Oui laquelle?
-Je suis Aria Cisne, laissez tombez le « vous » je vous en prie! Souris-je.
En me rendant mon sourire il me dit : Seulement si vous en faites de même, moi c'est William Cullen.